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Guide du Tourisme en Afrique

Tourisme en Afrique : Sommaire
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Éthiopie
L'Éthiopie, officiellement la République Démocratique Fédérale d’Éthiopie, est un pays situé dans la Corne de l'Afrique, qui a été privé de son accès à la mer suite à l’indépendance de l’Érythrée en 1993. L’Éthiopie partage des frontières communes avec l’Érythrée, correspondant à sa zone colonisée par l’Italie au nord, le Soudan à l’ouest, le Kenya au sud, Djibouti au nord-est et la Somalie à l’est.
?????? ????? ??????? ????? (am)
Itiyopiya Fereralawa Dmkokratawa Repabliikii (om)
République fédérale démocratique d?Éthiopie (fr)
Drapeau de l'ÉthiopieArmoiries de l'Éthiopie
(Détails)(Détails)
carte
Langue officielleAucune (1)
L'amharique est la langue de travail du gouvernement fédéral.
CapitaleAddis-Abeba
9°01?N, 38°44?E
Plus grande villeAddis-Abeba
Forme de l?ÉtatRépublique fédérale
 - Président
- Premier ministre
Girma Wolde-Giorgis
Meles Zenawi
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 27e
1 127 127 km2
0,7 %
Population
 - Totale (2009)
 - Densité
Classé 14e
85 237 000 hab.
70 hab./km2
Formation
 Royaume de D'mt
 
VIIIe av. J-C
GentiléÉthiopiens, Éthiopiennes
PIB (PPA) (2007)$62 193 milliards (75e)
PIB (nominal) (2008)$25,658 milliards (88e)
IDH (2008)Augmentation 0,503 (moyen-faible) (155e)
MonnaieBirr (ETB)
Fuseau horaireUTC +3
Hymne nationalWedefit Gesgeshi Woude Enat Ityopya
Domaine internet.et
Indicatif
téléphonique
+251
Organisations internationales
IGAD, UA, ONU

(1)Depuis 1994, l'Éthiopie n'a plus de langue officielle : toutes les langues éthiopiennes sont reconnues par l'État, selon l'article 5 de la Constitution.

Carte de l'Éthiopie

L'Éthiopie (ge'ez: ?????, Prononciation du titre dans sa version originale), officiellement la République fédérale démocratique d?Éthiopie (amharique: ?????? ????? ??????? ?????, ye-?ty???y? F?d?ral?w? D?m?kr?s?y?w? R?pebl?k, Prononciation du titre dans sa version originale; afaan oromo: Itiyopiya Fereralawa Dmkokratawa Repabliikii), est un État indépendant situé dans la Corne de l'Afrique. Dépourvue de tout littoral suite à la sécession de l?Érythrée en 1993, l'Éthiopie partage ses frontières avec la Somalie, le Soudan, le Kenya, la République de Djibouti et l'Érythrée.

Deuxième pays d'Afrique par sa population, l'Éthiopie est le dixième pays du continent par sa superficie. Essentiellement constitué de hauts plateaux, s'étendant de la dépression de Danakil à -120 m jusqu'aux sommets enneigés du mont Ras Dashan à 4 543 m, le pays possède un environnement très diversifié traversé par six zones climatiques. La capitale Addis-Abeba, située à 2 400 m d'altitude, est la quatrième capitale la plus élevée au monde.

Considérée comme le berceau de l'humanité, lieu de la découverte de Lucy, l'Éthiopie est avec le Tchad et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus anciens hominidés, et depuis 2003, celui où ont été découverts les plus anciens spécimens d'Homo sapiens.

La civilisation éthiopienne est l'une des plus anciennes, le prophète mésopotamien Mani citant au IIIe siècle le Royaume d'Aksoum parmi les quatre plus importantes puissances au monde. Au sein de l'Afrique, l'Éthiopie se caractérise comme l'une des seules nations à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l?Afrique au XIXe siècle.

L'Éthiopie est, après l'Arménie, la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde, maintenant cette tradition depuis 330. C'est parallèlement un pays ayant accueilli les premiers musulmans persécutés en Arabie, aujourd'hui l'islam est très présent dans les régions Afar, Oromo et Somali. Harar est par ailleurs considérée, par les musulmans éthiopiens, comme une ville sainte de l'islam. On note aussi des populations juives (les Falachas) et animistes. L'Éthiopie est aujourd'hui un pays constitutionnellement laïc[1] où toutes les croyances coexistent.

Sur le plan international, l'Éthiopie était membre de la Société des Nations en 1923, signataire de la Déclaration des Nations unies dès 1942 et un des 51 États membres fondateurs de l'ONU. Addis-Abeba est aujourd'hui le siège de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) et de l'Union africaine dont Haïlé Selassié a été l?un des principaux promoteurs (sous le nom d?OUA).

Sommaire

Toponymie

L'origine du nom « Éthiopie » n'est pas connue avec certitude. Son usage attesté le plus ancien remonte à l?Iliade où le nom apparaît deux fois et trois fois dans l?Odyssée d'Homère. Son utilisation pour désigner spécifiquement le royaume d'Aksoum apparaît pour la première fois au IVe siècle sur l'inscription d'Ezana[2] qui traduit Habachat par Aithiops (??????) en grec ancien[3], signifiant « au visage brûlé[4] ».

Selon La Chronique des rois d'Axoum, un manuscrit ge'ez du XVIIe siècle, le nom Éthiopie est dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Aksoum. Pline l'Ancien[5] affirme de la même façon que le nom du pays est dérivé d'un dénommé « Aethiops, fils de Vulcain ». La tombe d'Ityopis est encore visible près d'Aksoum[6].

En France et plus généralement hors de l'Éthiopie, le pays a historiquement été connu sous le nom d'« Abyssinie », de l'arabe Habachyî signifiant Abyssin[7], issu de l'éthiosémitique Habashat. Le terme Habashat est aussi l'origine du terme Habesha, utilisé aujourd'hui en Éthiopie pour désigner tous les Éthiopiens et Érythréens. À strictement parler le terme Habesha fait référence aux populations tigrées et amharas qui ont historiquement dominé l'Histoire du pays. L'arabe moderne utilise encore le mot Al-Habacha[8] ou le mot Ithyûbyâ[9] pour désigner l?Éthiopie.

Histoire

L'Éthiopie est l'État indépendant le plus vieux d'Afrique, né il y a près de 3 000 ans. L'Histoire de cet État débute vers le VIIIe siècle av. J.-C. avec la formation du royaume D'mt, depuis divers régimes se sont succédé: le Royaume d'Aksoum, l'Empire d'Éthiopie, le gouvernement du Derg, la République populaire démocratique d'Éthiopie, la République d'Éthiopie et l'actuelle République fédérale démocratique d'Éthiopie.

Préhistoire et antiquité

Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité[10], l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain. Les premières traces d'hominidés remontent à 3 ou 4 millions d'années. L'apparition de l'homo erectus et de l'homo sapiens dans la région se situe entre 1,7 million et 200 000 ans avant notre ère. Il existe assez peu de données sur l'Éthiopie sous l'antiquité qui semble avoir fait partie du pays de Pount (-3000 - -1000).

Les ruines du temple de Yeha, région du Tigré, Éthiopie.
Région des stèles d'Aksoum avec la stèle d'Ezana au centre. Patrimoine mondial de l'UNESCO[11].

Le royaume D'mt (IIIe???Ve siècle av. J.-C.) est généralement considéré comme la première forme organisée d'un État éthiopien. Il existe très peu de traces archéologiques de ce royaume qui aurait eu des relations très étroites avec le royaume sabéen au Yémen. Certains historiens modernes considèrent pourtant que la civilisation D'mt était indigène et aurait peu subi l'influence sabéenne alors que d'autres estiment qu'elle serait un mélange entre la culture sabéenne dominante et une culture indigène[12],[13]. Après la chute du royaume de D'mt Ve siècle av. J.-C., divers royaumes dominèrent la région jusqu'à l'émergence de l'un d'eux au Ier siècle av. J.-C. : le royaume d'Aksoum , premier empire important ayant régné sur le territoire éthiopien. Il couvrait une partie de l'Éthiopie (Nord) ainsi que de l'Érythrée actuelles.

Le royaume d'Aksoum est le premier grand État connu d'Afrique, formé d'une population cosmopolite venant d'Arabie du Sud mais aussi de Juifs et de Grecs. Situé au bord de la mer Rouge, il se développe autour du commerce et commence à contrôler les principales routes maritimes passant par la région. Il s'étend sur les territoires de l'actuelle nord de l'Éthiopie, de l'Érythrée, du Yémen, du sud de l'Arabie saoudite, du nord de Djibouti et du nord Soudan. Vers 330, le roi Ezana se convertit au christianisme et progressivement la population locale adopte la nouvelle religion. Le royaume commence à décliner au VIIe siècle, pour des raisons relativement obscures, sans doute liées à l'expansion de l'islam qui coupera l'empire du reste du monde chrétien.

Le Moyen Âge éthiopien (990 - 1855)

Article détaillé : Moyen Âge éthiopien.

Vers 990, l'Empire d'Éthiopie va alors remplacer le royaume axoumite et une renaissance débute vers le XIIe siècle sous la dynastie Zagoué qui sera renversée en 1270 par Yekouno Amlak. L'arrivée au pouvoir de ce dernier, prétendu descendant de Ménélik Ier (premier roi d'Éthiopie au Xe siècle av. J.-C.), marque l'avènement de la dynastie salomonide qui régna jusqu'en 1974. Pendant plus de deux siècles, le pays connaît une relative prospérité émaillée de luttes contre les musulmans installés au nord et au sud de l'Éthiopie chrétienne.

En 1527, débute une guerre entre des forces musulmanes menées par Ahmed Ibn Ibrahim Al-Ghazi, dit Ahmed « Gragne » (gaucher en amharique) et l'Empire chrétien éthiopien. Après une série de victoires en faveur des troupes musulmanes soutenues par l'Empire ottoman, l'aide apporté par le roi du Portugal au Negusse Negest Lebna Denguel se révèlera décisive. En effet, le 21 février 1543, à l'issue de la bataille de Wayna Daga, Ahmed Gragne est tué et son armée défaite, laissant derrière lui un pays en ruine.

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, des jésuites vont venir en Éthiopie et parviennent habilement à imposer à l'Éthiopie le catholicisme romain en convertissant l'empereur Sousnéyos en 1621. Cette conversion forcée va entraîner des protestations qui se transforment en une véritable guerre civile en 1632 qui amènera Sousnéyos à abdiquer en faveur de son fils Fazilidas. Cette situation dans laquelle l'Éthiopie se trouve ainsi entre l'islam d'un côté et le catholicisme de l'autre a amené Alain Gascon à parler du « syndrome de Gragne ».

Le palais de Fazilidas à Gondar.

Fazilidas expulse les jésuites en 1633 et, comme ses successeurs, cherche à renforcer la sécurité du royaume. Il fait alors bâtir une nouvelle capitale en 1635 à Gondar qui devient la nouvelle place forte du pays ainsi qu'un important centre religieux, administratif et commercial. Toutefois, les 25 dernières années du XVIIIe siècle sont marquées par des conflits entre chefs de guerre locaux qui mèneront à l'effondrement progressif du royaume.

C'est vers 1769, après la mort de Yoas Ier, que débute le déclin de l'empire et le «Zemene Mesafent» (ère des princes), une période fratricide pour le contrôle du royaume. L'instabilité du pouvoir continuera tout au long du XVIIIe siècle jusqu'en 1855. L'accession au trône du Negusse Negest Téwodros II (1855 - 1868) marque la fin de cette période de trouble et le début d'un processus de centralisation du pays qui s'achèvera sous Haile Selassie I.

La période de centralisation (1855 - 1974)

Après un début de règne relativement paisible, le comportement de Tewodros II va changer lorsqu'il décide une réforme des statuts du clergé. L'expédition de Napier (1868) va marquer la fin de son règne puisque le Negusse Negest se suicidera afin d'échapper à l'emprisonnement. Waghsum Gobaze est ensuite couronné sous le nom de Telke Giyorgis II mais son règne est bref puisqu'il s'achève en 1872, suite à une bataille l'ayant opposé à Kassay Mercha, futur Negusse Negest Yohannès IV. Trois principaux dangers menacent à ce moment la souveraineté du royaume. Le premier est celui des Égyptiens qui s'implantent dans les régions voisines de l'Abyssinie. Ils lancent des offensives qui sont contenues et sont définitivement battus à la bataille de Gura en 1876. Les Italiens, représentant le deuxième danger, sont repoussés par les troupes du Ras Alula Engida suite à la bataille de Dogali (1887) . Enfin, les forces madhistes, troisième danger, décident de cesser les offensives sur l'Empire éthiopien après la bataille de Metemma, en 1889, au lendemain de laquelle Yohannes IV décède de blessures du conflit.

La même année, le Négus du Choa est proclamé Negusse Negest sous le nom de Menelik II. Il signe avec les Italiens un traité délimitant la frontière entre l'Éthiopie et la colonie italienne en accordant à cette dernière la région nord de l'Éthiopie, qui deviendra plus tard l?Érythrée, ainsi qu'une partie du Tigré. Cependant, les Italiens tentèrent d'envahir le pays et Ménélik II parvint à les repousser avec l'appui d'une armée de 100 000 hommes au cours de la bataille d'Adoua (1896), l'Éthiopie obtient alors la reconnaissance de sa souveraineté et de son indépendance. Outre cette victoire face au colonialisme, Ménélik II va marquer l'Histoire éthiopienne par ses conquêtes territoriales, repoussant les frontières vers le sud, l'ouest et l'est donnant ainsi au pays sa forme actuelle. Enfin, il engagera l'Éthiopie dans une phase de modernisation avec l'importation des technologies européennes, le développement des infrastructures et des changements politiques avec la création d'un Conseil de ministres.
En 1913, Ménélik II décède en laissant derrière lui un pays plus vaste, en voie de modernisation et indépendant. Lij Iyasu, son successeur, va quant à lui régner pendant trois ans. Affichant sa proximité avec l'islam, l'Église éthiopienne orthodoxe va rapidement soutenir ses opposants dont Teferi Mekonnen et Zaoditou. Le 27 septembre 1916, un coup d'État renverse Iyasu, Zaoditou arrive sur le trône impérial. Malgré la brièveté de son règne, Iyasu aura tout de même réussi à introduire des innovations politiques en permettant notamment à des sujets musulmans de sentir membres à part entière de l'unité éthiopienne.

En 1924, elle devient le premier État africain à entrer dans la Société des Nations. En 1926, Hailé Sélassié Ier, ancien gouverneur du Hararghe, devient le 256e et dernier roi de la dynastie salomonide. En 1935, les troupes fascistes de Mussolini envahissent l'Éthiopie et les forces italiennes occupent partiellement le pays du 5 mai 1936 au 5 mai 1941 (Seconde guerre italo-éthiopienne), date à laquelle Addis-Abeba est libérée par la résistance éthiopienne et les troupes de l'Angleterre engagée contre l'Allemagne et l'Italie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, un vaste chantier de modernisation du pays est entrepris. Toutefois, le mécontentement populaire ne cesse de croître contre le pouvoir théocratique et féodal. En 1950, l'ONU décide que l'ancienne colonie italienne de l'Érythrée constituera une unité autonome fédérée à l'Éthiopie. Toutefois, en 1962, ce système fédéraliste est aboli et l'Érythrée va voir apparaître des mouvements indépendantistes comme dans le reste du pays. En 1963, des troubles éclatent dans la région de l'Ogaden qui demande son rattachement à la Somalie. Les années suivantes sont marquées par plusieurs guerres avec la Somalie et une guerre civile entre le gouvernement et les rebelles.

La révolution et régime du Derg (1974-1991)

En 1974, un mouvement de révolution mène à la destitution de l'empereur Hailé Sélassié Ier qui régnait depuis 1930. Profitant de cette crise, une junte militaire (le Derg) établit un État socialiste dirigé par Mengistu Haile Mariam. Soutenu militairement par l'URSS et Cuba[14], Mengistu souhaitait vider le Nord de ses habitants, en raison de leur hostilité au régime. En 1987 est créé le « Parti des travailleurs d'Éthiopie » (PTE) et l'Éthiopie devient une « république démocratique populaire ». La dictature Derg plonge le pays dans la guerre civile. En 1991, après avoir subi plusieurs tentatives d'assassinat, Mengistu abandonne le pouvoir et s'enfuit du pays.

L'Éthiopie sous le FDRPE (depuis 1991)

Un régime démocratique est alors institué. Une nouvelle Constitution donne des compétences accrues aux provinces, faisant de l'Éthiopie un État fédéral : la République fédérale démocratique d'Éthiopie. Mais certains territoires de cet ancien empire aspirent progressivement à l'autodétermination. Les partis et mouvements indépendantistes se développent et connaissent un fort engouement. L'Érythrée déclare son indépendance en 1993, après des années de lutte armée. Une guerre éclate entre les deux pays de 1998 à 2000, faisant plus de 80 000 morts (guerre Érythrée-Éthiopie).

Le 15 mai 2005, des élections générales pour renouveler les 548 sièges de l'Assemblée des représentants du peuple ont lieu. L'opposition, et notamment la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD) affirme que sa victoire lui a été « volée » par le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien. Au début du mois de novembre 2005, de violentes manifestations ont lieu à Addis-Abeba, provoquant la mort d'au moins 33 personnes et l'arrestation de 2 000 opposants, dont des dirigeants du CUD.

Il existe aussi des mouvements d'indépendantistes somaliens surtout dans la région de l'Ogaden. À l'intérieur de ses frontières, l'Éthiopie est également confrontée à deux rebellions armées, le Front de libération Oromo (FLO) et le Front national de libération de l'Ogaden (FNLO).

Le régime actuel tente donc de consolider son pouvoir, relativement fragile, en s'opposant sur la scène internationale à l'Érythrée, qui symbolise l'ennemi extérieur, ainsi qu'aux mouvements nationalistes et/ou islamistes somaliens de peur que ces derniers n'appuient les indépendantistes de la région de l'Ogaden peuplée de somaliens qui luttent contre l'occupation éthiopienne. Les partis d'opposition dénoncent ce qu'ils considèrent comme une man?uvre dangereuse qui chercherait à créer de faux problèmes à l'étranger pour masquer ceux, bien réels, que le gouvernement ne réussirait pas à gérer (chômage, illettrisme, corruption, etc.).

Géographie

Article détaillé : Géographie de l'Éthiopie.

Géographie physique

D'une superficie de 1 137 000 km² l'Éthiopie se situe entre 3°N et 14°N à équidistance de l'équateur et du tropique du Capricorne. Située sur la partie africaine du grand rift, abritant la dépression de l'Afar au point de rencontre de trois plaques tectoniques et drainant les principaux cours d'eau de la corne de l'Afrique, l'Éthiopie dispose d'un environnement très diversifié.

La topographie s'étend ainsi du désert du Danakil à 120 m sous le niveau de la mer aux sommets enneigés du mont Ras Dashan culminant à 4 543 m. Le relief du pays combinant hauts plateaux (notamment le plateau central situé a une altitude variant entre 1 800 et 3 000 m), massifs et canyons escarpés, régions volcaniques, savanes, zones désertiques et hautes plaines verdoyantes.

Le pays a été exploré et cartographié de 1838 à 1848 par Antoine d'Abbadie d'Arrast.

Formation géologique

Vue satellite de l'Éthiopie.

A l?ère précambrienne, suite à la facturation du supercontinent Rodinia (environ ? 750 millions d'années), trois blocs principaux (le Gondwana oriental, le Gondwana central et le Gondwana occidental)[16] entrent en collision il y a 600 millions d?années ; des chaines de montagnes colossales se forment à cette époque, constituant l'orogenèse panafricaine. Le socle précambrien protérozoïque (visible à Mekele) se forme également durant la même période.

Durant 375 millions d?années, un processus d?érosion estompe ces monts pour laisser place à de basses plaines à la périphérie de l?Éthiopie.

A l?ère mésozoïque (250-70 millions d?année) une élévation du nord de l?Éthiopie se produit en parallèle d?un affaissement du sud.

C?est à l?ère oligocène (35 millions d?année) que se produit un évènement géologique majeur dessinant l?actuelle géologie éthiopienne : une élévation brutale de la plaque arabo-éthiopienne se produit sous l?effet de la montée d?une masse magmatique en fusion issue de points chauds situés entre 2 900 et 700 km de profondeur. La masse des matériaux, ainsi que la forte élévation de température à laquelle ils conduisent (100 à 300°C) fragilisent puis provoque un effondrement de l?écorce terrestre. Trois fracturent apparaissent alors amenant pour deux d?entre elles à la mer Rouge et au golfe d'Aden, la troisième à la vallée du rift.

Suite à la rupture qui s?ensuit (certaines zones s?enfoncent à 120 m sous le niveau de la mer), la mer Rouge envahit la dépression formée au nord-est de l?Éthiopie. La continuation des éruptions volcaniques forme par la suite des digues basaltiques conduisant à la formation d?une mer intérieure.

Celle-ci s?évapore progressivement laissant place de nos jours à des lits de sels de plusieurs kilomètres d?épaisseur et quelques lacs salés. Les volcans toujours en activités, constituant la région d'Afrique où ils s'y trouve en plus grand nombre, les sources d?eau bouillonnantes et les geysers témoignent encore de nos jours de ces époques.

Climats

Représentation des cinq principales zones climatiques en Éthiopie

De par son positionnement en zone tropicale, son relief et sa proximité avec l?océan Indien, l?Éthiopie possède une large variété de climats. Globalement, seules les régions du sud-ouest disposent d?un climat de type tropical, les climats sur les autres zones étant influencés par l?altitude et la mousson de l?Océan Indien.

On distingue généralement six zones climatiques majeures sur l?ensemble du territoire :

  • alpine, au dessus de 3 800 m, la température y est en moyenne de 5°C et le climat de type alpin
  • tempérée subalpine, jusqu?à 1 400 m, d?une température moyenne de 15°C
  • tropicale, entre de 500 m et 1000 m d'altitude, d?une température moyenne de 30°C
  • tropical de savane, entre 100 m et 1 400 m d'altitude,
  • semi-désertique entre 100 m et 800 m d'altitude, le climat est semi-aride dans ces deux zones
  • désertique entre -130 m et 100 m d'altitude, le climat y est de type aride et la température moyenne atteignant les 40°C.

Les plateaux du nord et le Choa central, qui constituent le c?ur de l?Éthiopie historique, sont soumis à des précipitations abondantes (moyenne annuelle supérieure à 1000 mm) durant la mousson d?été (fin juin à fin septembre), suivi d?une saison sèche jusqu?en février. La mousson pénètre le pays par le sud-ouest avant de précipiter à la rencontre des hauts-plateaux, épargnant ainsi les plaines du Danakil sur le versant est au climat aride .

Du fait du relief du pays les basses terres à l?est et au sud-est sont ainsi généralement soumises à des climats plus arides que les hauts plateaux. La région de l?Ogaden au sud-est bénéficie de précipitations plus faibles au printemps et en automne, le climat y est de type semi-désertique (moyenne annuelle entre 50 et 300 mm seulement).

Les régions du sud et du sud-ouest du pays sont moins sensibles à la mousson. Le climat y est de type tropical, les pluies y sont intermittentes et l?humidité élevée.


Végétation

L?Éthiopie dispose d?une végétation extrêmement diversifiée du fait de la grande variété de climats et de reliefs au sein du pays. La région éthiopienne constitue à cet égard l?un des huit « centres de diversité » identifiés à travers le monde par le biologiste Nikolaï Vavilov, c?est-à-dire de régions du globe ou l?on trouve un très forte diversité génétique d?espèces particulières qui puisse être identifié comme le centre d?origine de cette espèce. La diversité est telle qu?on y découvre encore de nos jours de nouvelles espèces [17].

Dans les régions de très hautes altitudes (au dessus de 3 800 m) seul subsiste une végétation de type alpin (lichen, bruyère). Plusieurs plantes sont caractéristiques de ces régions, notamment la lobélie géante.

Dans les régions des hauts plateaux (2 400 m-3 800 m), le climat est plus tempéré, et le sol plus riche. C?est dans ses régions qui constituent le coeur historique de l?Éthiopie que l?on trouve encore aujourd?hui la majeure partie de l?exploitation agricole (teff, sorgho, maïs), tout autant que les forêts éthiopiennes largement soumise à une déforestation progressive.

Le long de la frontières soudanaise à l?ouest, le climat tropical et les précipitations abondantes conduisent à une végétation luxuriante, particulièrement le long des fleuves.

Dans les régions de plus basses altitudes au sud-ouest, le climat plus sec contribue à développer un environnement de type savane (herbes hautes, arbustes) ainsi que des plantes résistant à des conditions climatiques plus extrêmes (plantes succulentes).

Enfin dans les régions désertiques périphériques, le climat aride et les précipitations quasi-inexistantes contribuent à développer une végétation xérophytique ou à la vie très courte, avec une végétation plus faible (acacias, palmiers) autour des quelques cours d?eau.

Faune

On dénombre en Éthiopie un nombre important d?espèces endémiques tout aussi bien chez les mammifères que chez les oiseaux qui constituent la faune éthiopienne. La biodiversité des espèces est notamment due à l?implantation de l?activité humaine à des zones assez délimités.

A cet égard il est possible de distinguer les massifs montagneux des basses terres périphériques. Sur les haut plateaux, la présence humaine a au cours de l?histoire modifié l?environnement par sa pratique agricole sédentaire ; certaines régions au relief escarpé ont elles été naturellement protégées, c?est le cas notamment du massif du Simien, qui constitue aujourd?hui un parc naturel où prospère de nombreuses espèces endémiques (notamment le bouquetin walia (Capra walie), le loup d'Abyssinie (Canis simensis) , le nyala de montagne (Tragelaphus buxtoni), le corbeau corbivau (Corvus crassirostris) , le babouin gelada)).

Les pratiques nomades dans les basses terres privilégiant l?élevage ont eu beaucoup moins d?impact sur son environnement. On dénombre aujourd?hui neuf parcs nationaux, trois sanctuaires et huit réserves sauvages sur l?ensemble du territoire.

Géographie administrative

Article détaillé : Subdivisions de l'Éthiopie.

Depuis l'instauration de la constitution éthiopienne de 1994, l'Éthiopie repose sur un système fédéral et est divisée en neuf régions et deux « villes-régions » indiquées par des astérisques :

1. Addis-Abeba*
AfarAmharaBenishangul-GumazGambelaOromiaOromiaOromiaSomaliSomaliRégion des nations, nationalités et peuples du SudTigréAddis-AbebaDire DawaRégion Harar
Régions et villes-régions d'Éthiopie. Cliquer sur l'image pour accéder au descriptif de la région.
2. Afar
3. Amhara
4. Benishangul-Gumaz
5. Dire Dawa*
6. Gambela
7. Région Harar
8. Oromia
9. Somali
10. Région des nations, nationalités et peuples du Sud
11. Tigré
Zones administratives de l'Éthiopie.

Chacune des régions dispose de son propre gouvernement et d'un droit constitutionnel à l'autodétermination et à la sécession. Ces dispositions, bien que théoriques, marquent la fin du processus de centralisation ayant commencé sous Tewodros II. Elles sont significatives des hommes qui ont pris le pouvoir à la suite de Mengistu, à savoir des hommes combattant pour des régions plus autonomes (Meles Zenawi pour le Tigré) ou même indépendante (Issayas Afeworki pour l'Érythrée).

Les régions administratives remplacent depuis 1994 le système plus ancien des provinces établi par Hailé Sélassié Ier. Leurs noms sont parfois encore employés de nos jours pour désigner un lieu dans le pays.

Ces régions sont divisées à leur tour en 68 zones administratives sur l'ensemble du territoire. Le pays est en outre subdivisé en 550 woredas et six woredas spéciaux. Il s'agit en fait de l'équivalent d'un canton ou d'un district.

Les woredas sont elles mêmes divisées en kébélés qui représente une municipalité ou un quartier.

Le peuple et sa culture

Démographie

Données générales

Article détaillé : Démographie de l'Éthiopie.
Densités de population en Éthiopie
Évolution démographique entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

En juillet 2008, selon les estimations du World Factbook[18] l'Éthiopie comptait une population de 82 544 840 habitants ce qui lui vaut la 16e place mondiale et la deuxième en Afrique.

Le pays a connu une évolution croissante et régulière de sa démographie jusqu'au début des années 1980. Par la suite cette croissance s'est accélérée jusqu'à aujourd'hui avec un taux moyen de 2,3% par an, à l'exception d'une baisse visible entre 1992 et 1993 due à l'indépendance de l'Érythrée, le 24 mai 1993 dont la population avoisinait à l'époque 3,2 millions de personnes.

La population éthiopienne reste majoritairement une population jeune et rurale. 84 % de la population habite les zones plus densément peuplées des hauts plateaux.

Indicateurs synthétiques

Cette section regroupe les principaux indicateurs démographiques :

Structure de la population de l'Éthiopie
Pyramide des âges de l'Éthiopie, 2005
Population82 544 840 habitants
Densité de la population73,23 hab./km²
Taux de croissance de la population3,212 %
Âge médian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
16,9 ans
16,6 ans
17,2 ans
Structure par âge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus

46 %
51,4 %
2,7 %
Rapport de masculinité (population totale)
 - À la naissance
- Moins de 15 ans
- 15-64 ans
- 65 ans et plus
0,97 homme/femme
1,03 homme/femme
1,00 homme/femme
0,96 homme/femme
0,76 homme/femme
Part de la population urbaine16 %
Sources: The World Factbook, CIA[18]; ONU[19]; FAO


Mortalité en Éthiopie
Taux brut de mortalité11,83 ?
Taux de mortalité infantile (population totale)
- Hommes
- Femmes
82,64 ?
94,08 ?
70,87 ?
Espérance de vie à la naissance (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
54,99 ans
52,54 ans
57,51 ans
Source: The World Factbook, CIA[18]


Natalité en Éthiopie
Taux brut de natalité43,97 ?
Indice synthétique de fécondité6,17 enfant(s)/femme
Source: The World Factbook, CIA[18]


Plus grandes villes (2006)
Addis Abeba2 973 004
Dire Dawa281 750
Nazreth (Région Oromia)228 623
Gondar (Région Amhara)194 773
Mekelé (Région Tigré)169 207


Autres indicateurs sociaux
 en Éthiopie
Taux d'alphabétisation (population totale)
- Hommes
- Femmes
42,7 %
50,3 %
35,1 %
Nombre moyen d'années passées à l'école5 ans
Taux de séropositivité au VIH/SIDA
(chez les adultes)
4,4 %
Taux d'accès à l'eau potable24 %
Taux de chômageN/D %
Sources: The World Factbook, CIA[18]; ONU[20],[21]


Langues et populations

Représentation schématique de la répartition des quatre principales langues éthiopiennes

La plupart des langues éthiopiennes peuvent être rattachées à deux grandes familles de langues :

Au sein du groupe de langue afro-asiatique, trois branches principales peuvent être distinguées :

Un pasage de la Genèse écrit en guèze

Les langues éthio-sémitique sont principalement parlées dans les régions des haut-plateaux. Ces langues sont dérivées du guèze, qui constitue historiquement la langue littéraire de l?Éthiopie depuis le IVe siècle, aujourd?hui langue morte qui ne constitue plus que la langue liturgique de l?Église éthiopienne. On distingue deux langues sémitiques pures : le tigré et le tigrinya (environ 6,1%), dans les régions du Tigré et proches de l?Érythrée, toujours parlées depuis l?époque du Royaume d'Aksoum. L?amharique, la langue la plus pratiquée du pays par environ 32,7 % de la population , est essentiellement parlée dans le nord central éthiopien. Elle constitue une langue sémitique d?influence couchitique. Son système d?écriture (fidäl)) est basé sur un alphasyllabaire, dit alphasyllabaire amharique s'écrivant à l'aide de 182 signes constitués à partir de 26 caractères de base ; il est utilisée par toutes les autres langues sémitiques.

Les langues couchitiques sont essentiellement parlées dans l?est du pays, dans la vallée de l?Awash et le triangle Afar. Parmis celles-ci, on compte notamment l'oromo(ou galligna), qui constitue la deuxième langue du pays parlée par environ 31,7 % de la population, le somali pratiqué par 6 % de la population, et l'afar. On les retrouve principalement dans les basses terres arides jusqu?à la mer Rouge.

Les langues omotiques sont essentiellement restreintes au bassin de l?Omo dans le Sud du pays. On trouve dans ces régions une très grande variétés de langues mais parfois parlées par un nombre très limité de personnes.

Quelques langues restent encore non classifiées. On dénombre au total environ 80 langues sur l?ensemble du territoire dont certains ont moins de 10 000 membres.

Après la chute du régime Derg en 1991, la nouvelle Constitution de la République démocratique fédérale d?Éthiopie garantit à tous les peuples le droit de développer leur langue et de l'établir comme langue maternelle à l'école primaire.

Religions

Article détaillé : Religion en Éthiopie.

La liberté de culte est garantie en Éthiopie par la constitution de 1994, spécifiant l'abscence de religion d'État. Il y est ainsi interdit de créer un parti politique fondé sur la religion, tout groupe religieux doit être déclaré et enregistré auprès des autorités gouvernementales.

Christianisme

Prêtre de l'église Yemrehanna Krestos.
Église Sainte Marie à Adama (Nazret)

Le christianisme en Éthiopie est dominé par l?Église éthiopienne orthodoxe, qui est majoritairement répartie dans les régions des hauts plateaux (capitale-région: Addis-Abeba, régions Amhara et Tigré).

Selon le recensement national officiel de 2007, la population chrétienne se répartit suivant trois courants[22] :

Le christianisme est introduit en Éthiopie vers 330 lorsque Saint Frumence de Tyr, appelé localement Fremnatos ou Abba Selama ("Père de la Paix"), convertit le roi Ezana d'Aksoum, en faisant ainsi l?un des plus ancien État chrétien au monde, le second après l'Arménie. La croix remplace à cette époque la symbolique du Soleil et de la Lune sur les pièces du royaume. Vers 480, un groupe de moines, les Neuf Saints introduisent le monachisme et le monophysisme, sous la forme d'un refus des formulations du Concile de Chalcédoine de 451, adhérant à la nature unique du Christ. Ceux-ci contribuent à la diffusion du christianisme dans le royaume en traduisant notamment les premiers textes religieux en guèze. Les monastères, l?architecture à travers des églises rupestres de Lalibela notamment, l?art, la peinture, la littérature, témoignent de l?influence sensible du christianisme orthodoxe tout au long de l? Histoire de l'Éthiopie et du règnes des dynasties Zagwe et salomonienne. La tentative d?introduire le christianisme romain en Éthiopie par la voix de missionaire se révèle par ailleurs être un échec conduisant à une guerre civile se concluant par l?expulsion des jésuites sous Fazilidas.

Jusqu'en 1959, l?Église éthiopienne orthodoxe fait partie de l'Église copte orthodoxe, date à partir de laquelle elle devient autocéphale. Elle constitue la seule Église orthodoxe précoloniale de l'Afrique subsaharienne.

Elle sera une religion d'État jusqu?en 1974 date du renversement de la dynastie salomonienne et de la révolution éthiopienne.

Islam

La ville de Harar, patrimoine mondial de l'Unesco

Selon le recensement national officiel de 2007, l'islam serait pratiqué par environ 33,9 % de la population éthiopienne[23].

Celui-ci est surtout présent aujourd?hui dans les basses plaines plus chaudes du sud et de l'est, dans les régions de Harar, Afar et Somali) ainsi que dans certaines parties du sud de la région Oromia. L?Islam suit généralement la tradition sunnite.

La présence de l?Islam en Éthiopie remonte à l?époque de la fondation de la religion musulmane et à l?hégire. Vers 650, un groupe de musulman dirigé par Mahomet, fuit les persécutions dont ils sont l?objet à la Mecque, et trouve refuge en Éthiopie dirigée alors par le roi chrétien nommé Ashama ibn Abjar dans la tradition arabe. L?un des compagnons de Mahomet, le premier muezzin Bilal, est également décrit comme originaire d?Éthiopie. Ceux-là s?installent à Negash, dans le Tigré, considéré comme le premier lieu d?implantation de l?islam en Éthiopie. En échange de la protection accordée par le roi face aux injonctions des Quraych qui demandent leur retour en Arabie, Mahomet demande à ses compagnons de respecter, et de vivre en paix avec les chrétiens d?Éthiopie. Un cimetière remontant au 7ème siècle a depuis été retrouvé dans la région de Negash. La région éthiopienne est ainsi l?endroit où l?on retrouve certains des plus anciens sultanats au monde, parmi ceux-là celui de Shoa fondé par la dynastie Makhzumite en 896, remplacé plus tard par le sultanat d?Ifat.

Cimétière musulman à l'extérieur des fortification de Harar

L?islam s?est par la suite développé dans les régions commerçantes côtières du sud de la Corne de l'Afrique, suivant ainsi les routes maritimes, particulièrement dans la région Somali. Les campagnes du somali Ahmed Gragne vers les hauts plateaux à partir de1527 contribuent également à son expansion dans le sud de l?Éthiopie. L?expansion des Oromos de tradition Waaqa vers le nord dans les décennies qui suivent affaiblit un temps son influence, avant que celui-ci n?adoptent progressivement la nouvelle religion. Aujourd?hui la religion musulmane est pratiquée par environ 40% des Oromos sous forme de syncrétisme entre islam et anciennes croyances.

La ville-région de Harar, abritant 82 mosquées , dont trois remontant au XXe siècle et 102 tombeaux est aujourd?hui considérée comme la quatrième ville sainte de l?islam. Harar est également patrimoine mondial de l'Unesco.

Judaïsme

Article détaillé : Falashas.

L?origine des Beta Israël (guèze ?? ?????) reste mal comprise, leur croyance coexistait probablement avec les animistes avant l?arrivée du christianisme. Depuis l?antiquité éthiopienne ils vivent dans le nord du pays, en particulier les provinces du Gondar et du Tigré. Après avoir bénéficié de petits États indépendants jusqu?au XVIIe siècle, ceux-ci sont conquis par l'empire d'Éthiopie, et les ??Beta Israël?? deviennent une minorité marginalisée.

Les pratiques religieuses des Falashas d?Éthiopie sont basées sur la même version du Pentateuque que celle qu?utilisaient les chrétiens éthiopiens, rédigée en guèze. Toute la littérature rabbinique, en particulier le Talmud, était ignorée. Les communautés Beta Israel n?avaient pas de synagogue ni de rabbin, au niveau de la symbolique, ils n?utilisaient pas l?étoile de David, celle-ci étant un symbole de la royauté éthiopienne. Leur lieu de culte est appelé 'masgid[24]. On y lit la bible, et on y sacrifit l?agneau pascal.

Ils rentrent en contact avec la version occidentale du judaïsme à la fin du XIXe siècle. À compter du début du XXe siècle, une redéfinition en profondeur de l'identité de la communauté se fait jour et l'amène à se considérer désormais comme juive, et plus seulement comme Beta Israël, notamment depuis les opérations de rapatriement en Israël. Cette évolution réduit progressivement les forts particularismes religieux originels et rapproche la religion des Beta Israel du judaïsme orthodoxe.

Depuis leurs pratiques séculaires n?ont cessé de régresser au profit des pratiques du judaïsme rabbinique, mais sans disparaître. On compte en 2009, 3 188 Falashas en Éthiopie, alors qu?ils sont plus 100 000 en Israel.

Animisme et mouvement rasta

Article détaillé : Mouvement rastafari.

Arts et culture

Article détaillé : Culture de l'Éthiopie.
Cérémonie traditionnelle du café, Éthiopie

Littérature et Philosophie

Articles détaillés : Littérature éthiopienne et Philosophie.

De par l'existence du système d'écriture guèze, l'Éthiopie entretient une très ancienne tradition littéraire remontant à son époque aksoumite. La littérature ancienne dominée par l'enseignement religieux est essentiellement moral dans son contenu

La littérature amharique commence à se développer vers le XIIIe siècle, au cours de la dynastie Zagwé. On peut distinguer essentiellement trois périodes majeures dans le développement de la littérature amharique moderne du XXe siècle correspondant à la période de l'occupation italienne (1935-1941), la période post-indépendance (1941-1974) et la période post-révolutionnaire (1974-aujourd'hui)[25].

La philosophie écrite éthiopienne s'étend sur douze siècles de production littéraire[26]. On distingue un premier temps de traduction littéraire, dominé par Le Fisalgwos (« Le Physiologue ») et "biä?afä Mikael" (« le livre des philosophes »)[27]. Enfin dans un second temps, on peut distinguer des ?uvres typiquement éthiopiennes, notamment La Vie et les maximes de Skendes, et, certainement le plus important, le Traité de Zera yacob (Hatata) ainsi que le traité de son élève Walda Heymat. Dans son traité écrit au XVIIe siècle, Zara Yacoub développe une philosophie rationaliste, en adoptant une positionnement critique devant nécessairement faire appel à la Raison avant tout[28].

Musique

Article détaillé : Musique éthiopienne.
Mulatu Astatke, créateur de l'éthio-jazz
Joueur de begena.

La musique éthiopienne est extrêmement diversifiée, chacun des 80 peuples du pays possédant ses propres particularités. Les influences sont elles aussi très diverses incluant aussi bien les influences de la liturgie chrétienne et musulmane, que la musique populaire des pays situés dans la Corne de l'Afrique, somalienne et soudanaise en particulier. La musique éthiopienne utilise souvent un système modal unique pentatonique, caractérisé par des intervalles prolongés entre certaines notes.

La musique des hauts plateaux utilise un mode unique appelé qenet, basé sur quatre modes principaux: tezeta, bati, ambassel, et anchihoy[29]. Trois modes supplémentaires peuvent être considérés comme des variations: tezeta mineur, bati majeur et bati mineur.[2] Certains morceaux prennent le nom de leur qenet, tel que le tezeta, un chant de nostalgie.[1] Accompagné d?instruments traditionnels, ces modes sont généralement non tempérés (c-a-d que le ton peut dévier légèrement du système d?accord tempéré occidental), mais joués sur des instruments occidentaux tels que piano et guitare ils utilisent le système d?accord tempéré occidental. La musique des hauts plateaux est généralement homophonique ou hétérophonique[29]. En dehors, certaines sont polyphoniques.

Les principaux instruments traditionnels sont masenqo (luth), krar (lyre), washint (flûte), begena (harpe), kebero (double tambour), cistree et tom (chez les Anuaks).

Dans la tradition populaire, l?azmari, chanteur et musicien éthiopien, homme ou femme, sont doués pour chanter des vers en s?accompagnant d?une masenqo ou d?une krar.

La musique moderne éthiopienne laisse également une part importante à l?éthio-jazz, à travers son créateur Mulatu Astatke, et des musiciens comme le saxophoniste Getatchew Mekurya. Les musiciens populaires les plus connus sont Mahmoud Ahmed, Gigi Shibabaw, Teddy Afro, Tilahun Gèssèssè, Aster Aweke, Hamelmal Abate, Tewodros Tadesse, Ephrem Tamiru, Muluken Melesse, Bizunesh Bekele, Tadesse Alemu, Alèmayèhu Eshèté, Neway Debebe, Asnatqèch Wèrqu, Ali Birra, et Dawit (Messay) Mellesse. À la fin des années 1990, le label français Buda Musique a réédité les plus grandes voix de l'éthio-jazz avec la collection Éthiopiques permettant la redécouverte, pour les occidentaux, du groove de la corne de l'Afrique.

Cuisine

Article détaillé : Cuisine éthiopienne.

Sport

Article détaillé : Sport en Éthiopie.

En Éthiopie, le sport prédominant est l'athlétisme, notamment la course, dans lequel le pays a remporté de nombreuses victoires dans les compétitions internationales. Le football est également assez populaire même si l'équipe d'Éthiopie de football connaît des résultats modestes dans les tournois mondiaux.

Société

Calendrier

Article détaillé : calendrier éthiopien.

Fêtes et jours fériés

DateNom françaisNom localRemarque
6 ou 7 janvierNoël orthodoxeGänna/Ledät (?????)Naissance de Jésus-Christ
10 janvierFête du Sacrifice'Id al-AdhaVariable. La date était pour l'année 2006
19 janvierFête de l'ÉpiphanieTimqet (????)
2 marsCommémoration de la victoire d'AdouaYe'adowa Bä'al ou Adwa del (??? ??)Victoire de Menelik II contre les Italiens (1896)
11 avrilNaissance du prophète MahometMäwlid an-NabiVariable. La date était pour l'année 2006
21 avrilVendredi saint orthodoxeSiqlet (Crucifixion)Variable. La date était pour l'année 2006
23 avrilPâques orthodoxeFasika (???)Variable. La date était pour l'année 2006
24 avrilLundi de PâquesVariable. La date était pour l'année 2006
1er maiFête du Travail
5 maiJour de la Libération/Victoire des Patriotes éthiopiensOmédla del (???? ??)Retour d'Hailé Sélassié Ier à Addis-Abeba (1941)
28 maiFête nationaleChute du régime Derg
18 aoûtBuheTransfiguration de Jésus-Christ
11 septembreNouvel an éthiopienEnqutatash (??????)
27 septembreMesqel : fête de la vraie CroixMäsqäl (????)
24 octobreFin du mois du Ramadan'Id al-FitrVariable. La date était pour l'année 2006

Indication spécifique de l'heure

Tableau de correspondance
Heures françaiseHeure éthiopienne
7 h13 h
8 h14 h
9 h15 h
10 h16 h
11 h17 h
12 h18 h
13 h19 h
14 h20 h
15 h21 h
16 h22 h
17 h23 h
18 h0 h
19 h1 h
20 h2 h
21 h3 h
22 h4 h
23 h5 h
00 h6 h
1 h7 h
2 h8 h
3 h9 h
4 h10 h
5 h11 h
6 h12 h

En Éthiopie, le calcul des heures s'effectue au coucher du soleil. Ainsi, à six heures du matin, heure solaire locale, il est 12 heures à Addis-Abeba ; à 7 heures du soir, il est une heure à Addis-Abeba et à 5 heures de l'après-midi, il est 23 heures.

Le calcul de l'heure se faisant sur la base de 12 et non de 24 heures comme en France, des termes signifiant « de la journée » (« ke kenou ») ou « de la soirée » (« ke meshetou ») sont utilisés pour préciser l'heure, ce qui est l'équivalent des « AM » et « PM » dans le système américain.

Étant très près de l'équateur (latitude 9°03' Nord et longitude 38°42' Est pour Addis-Abeba), la variation est minime et le jour reste constant de 6h à 18h (12h-12h pour un Éthiopien) tout au long de l'année.

Le calendrier éthiopien compte 13 mois :

  • septembre-octobre : Meskerem
  • octobre-novembre : Teqemt
  • novembre-décembre : Hedar
  • décembre-janvier : Tahsas
  • janvier-février : Ter
  • février-mars : Yekatit
  • mars-avril : Megabit
  • avril-mai : Miyazya
  • mai- juin : Genbot
  • juin-juillet : Sene
  • juillet-août : Hamle
  • août-septembre : Nahase
  • et un mois de 5 ou 6 jours environ (selon les années bissextile) : Paguemen

Le calendrier alexandrin est utilisé par l'Église éthiopienne orthodoxe. Il prend sa forme définitive au Ier siècle de notre ère, sur la base des vieux calendriers pharaoniques. L'année débute le Ier Thoth (29 août). Elle compte 13 mois au total : 12 mois de 30 jours et 1 mois de 5 ou 6 jours. La durée moyenne de l'année est la même que l'année du calendrier julien (365,25 jours). La chronologie dépend des ères choisies. Dans l'église copte d'Éthiopie, on a choisi l'ère de Dioclétien, devenue l'« ère des Martyrs de Dioclétien », ce qui fait commencer le calendrier 284 ans après le nôtre.

Le calendrier civil éthiopien, lui, est issu de ce calendrier, mais l'ère de référence est l'ère d'Annianus d'Alexandrie qui recule la naissance du Christ de 7 ou 8 ans par rapport à celle de Denys le Petit ; le 11 septembre 2007, les Éthiopiens ont fêté leur entrée dans le 3e millénaire (an 2000). À cette occasion, plus de 18 000 prisonniers ont été libérés.

Système éducatif

Article détaillé : Éducation en Éthiopie.

Le système éducatif en Éthiopie a été historiquement dominé par l?Église orthodoxe pendant plusieurs siècles, jusqu?en 1900 où un système d?éducation laïc est adopté. Cependant jusqu?à la révolution de 1974, les membres de l?aristocratie essentiellement chrétienne et d?origine Amhara, y occupaient toujours alors une position privilégiée. Les langues autres que l?amharique y étaient absentes, l?enseignement de l?Oromo par exemple n?était pas pratiqué.

Le système d?éducation comprend aujourd?hui un processus de régionalisation accru avec une part importante du budget allouée à l?éducation. Le cursus scolaire en Éthiopie est composé en général de six années d?école primaire, quatre années de cursus secondaire et deux années de cursus secondaire supérieur.

Système de santé

Article détaillé : Santé en Éthiopie.

Selon les données de la Banque mondiale, l'Éthiopie aurait 1 médecin pour 100 000 personnes[30] Toutefois, dans son rapport annuel 2006, l'Organisation mondiale de la santé évoquait un chiffre de 1936 médecins, ce qui représenterait environ 2,6 médecins pour 100 000 personnes[31].

Les principaux problèmes de santé en Éthiopie sont liés aux maladies qui se transmettent essentiellement en raison des conditions sanitaires précaires et de la malnutrition. Ces problèmes sont accrus par le manque de main d'?uvre qualifiée et d'infrastructures de santé. Le pays compte 119 hôpitaux, dont 12 à Addis-Abeba, et 412 centres de santé[32].

L'Éthiopie a une moyenne d'espérance de vie de 45 ans. Le taux de mortalité infantile est relativement élevé avec environ 10 % d'enfants décédant au moment ou juste après leur naissance, chiffre auquel il faut ajouter les complications post-natales, comme les fistules obstétriques, qui affectent de nombreuses femmes. Le sida est également très répandu dans le pays.

Le faible nombre de professionnels de santé disposant d'une formation médicale moderne et le manque de fonds accordés aux services médicaux, explique que beaucoup d'éthiopiens fassent encore appel aux guérisseurs traditionnels qui emploient des thérapies maison pour guérir les maux communs. Un nombre croissant de « faux guérisseurs » côtoie les véritables guérisseurs[33] qui seuls connaissent véritablement les vertus curatives des plantes et minéraux.

Le fort taux de chômage fait que de nombreux éthiopiens sont incapables de subvenir aux besoins de leur famille et donc encore moins capables d'acheter des médicaments. C'est principalement en raison du coût de la médecine moderne que la médecine traditionnelle continue à être la plus répandue.

État et politique

Le fonctionnement des institutions éthiopiennes est codifié par le texte constitutionnel ratifié en décembre 1994 et entré en application le 22 août 1995.

Le régime parlementaire institué alors repose sur deux assemblées (bicamérisme) qui représentent le pouvoir législatif :

Le pouvoir exécutif possède davantage de compétences. Il est divisé en deux pôles dont le rôle est inégal :

  • le chef de l'État, président de la République, a une fonction honorifique. Élu pour six ans par la Chambre des députés, le président n'exerce pas la réalité du pouvoir. Le poste est actuellement détenu par ato (monsieur) Girma Wolde-Giyorgis Lucha, d'origine oromo, élu en octobre 2001 et réélu le 9 octobre 2007;
  • le premier ministre mène la politique du pays. Choisi par le parti majoritaire à la Chambre des députés (sur le modèle britannique), il est désigné pour un mandat quinquennal, renouvelable une fois. Il choisit les 18 membres de son cabinet gouvernemental. Ato Meles Zenawi occupe ce poste depuis près de dix ans. D'origine tigréenne, artisan du changement politique, il est le chef du parti de coalition majoritaire au Parlement (le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien - FDRPE). Les dernières élections ont eu lieu en mai 2005.

Le pouvoir judiciaire repose sur la Cour suprême fédérale, séparée par la constitution des pouvoirs législatif et exécutif.

Les principaux partis politiques éthiopiens sont :

Économie

Monnaie éthiopienne (Birr)
Billet 10 et 1 birr

Pièce de 10 cents (recto-verso) Pièce de 25 cents (recto-verso) Pièce de 50 cents (recto-verso)

De par le maintien de son indépendance historique au sein de l?Afrique, l?Éthiopie est l?un des premiers pays africains à entrer de plain-pied dans l?économie de marché. Ceci se solde notamment par la création, en 1906, par Menelik II, de la première banque éthiopienne « The Bank of Abyssinia[34] ». L?Éthiopie est alors rapidement soumise à l?influence des capitaux étrangers, avec une prédominance des capitaux anglais au cours du XXe siècle. Paradoxalement, le pays sera le premier pays africain à payer « l?abandon du colonialisme territorial pour le Néocolonialisme[35] », et restera séparé de ses zones côtières et de ses ports du fait de la colonisation italienne de l?Érythrée (et aujourd?hui encore en raison de l?indépendance de l?Érythrée). Pour Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d?économie, ce pays est un exemple flagrant des dérives de la mondialisation et de l?échec de la politique du FMI, voir « FMI, la preuve par l?Éthiopie », Le Monde diplomatique, avril 2002[36].

Aujourd'hui, 90 % de la population active éthiopienne travaille dans le secteur agricole. L'Éthiopie est le berceau de l'araire[réf. nécessaire]. Les agriculteurs des Hauts Plateaux pratiquent une agriculture vivrière et traditionnelle. Le teff, l'éleusine et l'ensete (« faux-bananier ») sont trois espèces cultivées sur les Hauts Plateaux. Elles représentent les principales productions alimentaires selon les régions. Le teff est une céréale encore méconnue, peu d'études ont été à ce jour réalisées sur ses propriétés. Mais c'est surtout le café qui occupe une place centrale dans l'économie éthiopienne : au c?ur de la tradition éthiopienne, la culture du café occupe 400 000 hectares et la production totale tourne autour de 230 000 tonnes, dont plus de la moitié est consommée en Éthiopie où la tradition du café est bien ancrée[37]. Les volumes exportés ont représenté jusqu?à 60 % de la valeur totale des marchandises exportées de l'Éthiopie. Complètement libéralisé depuis la chute du Derg, l'emprise des multinationales sur l'économie du café et ses cours, ainsi que les conséquences sur les petits producteurs a été à de nombreuses reprises dénoncée par des ONG : « Selon un rapport de l'ONG Oxfam, le café est « une véritable mine d?or pour les torréfacteurs internationaux » tandis que les producteurs « ne reçoivent qu?environ 6 % de la valeur du paquet de café vendu dans les supermarchés et les épiceries ». »[38], critique notamment popularisée par le documentaire Black Gold sorti en 2005[39].

Selon le rapport une délégation d'un groupe de parlementaires français, intitulé Pour un renforcement de la présence française dans la Corne de l'Afrique[40]) :

« Grande puissance africaine, l'Éthiopie, malgré des réformes récentes, souffre dans le même temps d'une économie précaire et d'un état sanitaire qui ne sont manifestement pas en adéquation avec les ambitions qu'elle s'est assignée sur la scène internationale.

Septième pays le plus pauvre de la Terre, avec un PIB par habitant inférieur à 1346 $ (2008)[41], l'Éthiopie, en dépit de potentialités agricoles non négligeables, est toujours confrontée au défi de la sécurité alimentaire. Son PIB a décru de 3,8 % en 2003, avec de surcroît une inflation annuelle de près de 15 %. Elle reste très dépendante de l'assistance des bailleurs de fonds tout en étant handicapée par une dette extérieure importante (6 milliards de $, soit près d'une année de PIB) encore aggravée par la chute des cours internationaux des produits qu'elle-même exporte (le café, notamment).
Sur le plan des structures, quinze ans après la chute du régime collectiviste de Mengistu, l'économie éthiopienne demeure refermée sur elle-même et marquée par le poids excessif de l'État, qui s'y exerce soit directement, soit à travers tout un réseau d'entreprises publiques dont l'actuel gouvernement ne semble pas pressé de se départir (le programme des privatisations lancé par le Premier ministre, M. Melès Zenawi est quasiment figé depuis trois ans).

Enfin, l'Éthiopie pâtit d'une sorte d'enclavement économique qui peut sembler paradoxal si on le rapporte à la taille et à la population de ce pays, assez vaste pour constituer en eux-mêmes un marché intérieur offrant de nombreux débouchés »

Compte-rendu du déplacement effectué par une délégation du groupe interparlementaire du 22 au 30 mai 2004 sur Bienvenue au Sénat.

En décembre 2009, le magazine britannique d'économie, The Economist, prévoit la cinquième plus forte croissance mondiale en Éthiopie pour 2010, atteignant ainsi une croissance à deux chiffres pour la septième année consécutive[42]


L'Éthiopie en chiffres

Géographie

Superficie : 1 127 127 km²
Densité : 66,34 hab./km²
Frontières terrestres : 5 311 km (Somalie 1 626 km ; Soudan 1 606 km ; Érythrée 912 km ; Kenya 830 km ; Djibouti 337 km)
Littoral : 0 km
Altitudes extrêmes : - 125 m (Dépression de l'Afar) à + 4 533 m (Ras Dashan)
Indépendance : l'un des pays souverains les plus vieux au monde (plus de 2 000 ans)

Statistiques démographiques

Population : 85 237 000 habitants (en 2009)
Espérance de vie des hommes : 47,86 ans (en 2006)
Espérance de vie des femmes : 50,24 ans (en 2006)
Taux de croissance de la population : 2,31 % (en 2006)
Taux de natalité : 44,68 ? (en 2006)
Taux de mortalité : 17,84 ? (en 2006)
Taux de mortalité infantile : 93,62 ? (en 2006)
Taux de fécondité : 5,22 enfants/femme (en 2006)
Taux de migration : 0,13 ? (en 2001)

Accès à la technologie

Lignes de téléphone : 610 300 (en 2005)
Téléphones portables : 178 000 (en 2005)
Postes de radio : 11,75 millions (en 1997)
Postes de télévision : 320 000 (en 1997)
Utilisateurs d'Internet : 113 000 (en 2005)

Infrastructures

Routes : 33 856 km (dont 4 367 km goudronnés) (en 2003)
Voies ferrées : 681 km
Voies navigables : aucune
Nombre d'aéroports : 84 (dont 14 avec des pistes goudronnées) (en 2006)


Codes

L'Éthiopie a pour codes :

Voir aussi

Notes

  1. ? Article 11 de la Constitution éthiopienne
  2. ? Munro Hay 1991
  3. ? Brehanou Abebe, Histoire de l'Éthiopie : d'Axoum à la révolution
  4. ? A. Bailly, Dictionnaire Grec-Français 
  5. ? Pline l?Ancien (trad. Émile Littré), Histoire naturelle, Firmin-Didot, coll. « Auteurs latins », Paris, 1855, « XXXV, 8 » 
  6. ? Stuart Munro-Hay, « Aksum, An African Civilisation of Late Antiquity », p. 15
  7. ? Habachyî en arabe ?aba?y?, ????? : abyssin ; éthiopien
  8. ? Al-Habacha en arabe al-?aba?a, ??????, Abyssinie
  9. ? Ithyûbyâ en arabe ?i?y?by?, ???????, Éthiopie
  10. ? [pdf] Quintana-Murci, Veitia, Santachiara-Benerecetti, McElreavey, Fellous, Bourgeron L?ADN mitochondrial, le chromosome Y et l?histoire des populations humaines
  11. ? Sur le site de l'UNESCO [lire en ligne]
  12. ? Stuart Munro-Hay, Aksum: An African Civilization of Late Antiquity. Edinburgh: University Press, 1991, pp.57.
  13. ? Nadia Durrani, The Tihamah Coastal Plain of South-West Arabia in its Regional context c. 6000 BC - AD 600 (Society for Arabian Studies Monographs No. 4). Oxford: Archaeopress, 2005, p.121.
  14. ? Le Monde du 23 mai 2006
  15. ? Site de l'UNESCO, [lire en ligne]
  16. ? ??« Le Gondwana »??, Pour la Science, n° 52, oct. 1998 [lire en ligne]
  17. ? Voir par exemple : ??« Six new species of Euphorbia (subgenus Esula) from Ethiopia »??, GILBERT M. G., Kew bulletin ISSN 0075-5974, 1990, vol. 45, no2, pp. 265-276 Modèle:Ire en ligne
  18. ? a, b, c, d et e (en) The World Factbook, CIA (2008)
  19. ? (en) ONU (2004)
  20. ? (en) ONU (2001/2002)
  21. ? (en) ONU (2000)
  22. ? (en)Recensement national officiel de 2007
  23. ? (en)Recensement national officiel de 2007
  24. ? En Arabe, le terme masjid signifie mosquée, et est emprunté à l'araméen masged, lequel dérive d?une racine proto-sémitique signifiant « poser le front au sol », rappelant qu?il s?agit d?un lieu de prosternation. Le terme masgid' semble emprunté au mot arabe signifiant mosquée, mais a peut-être une origine autonome, sur la base de la racine commune.
  25. ? Melakneh Mengistu, Map of African littérature, Branna, janvier 2005
  26. ? Claude Sumner , L'éthique en philosophie éthiopienne : les normes de la moralité, Éthiopiques n°36, 1er semestre 1984 - vol. 2 n°1 [lire en ligne]
  27. ? [lire en ligne]
  28. ? Teodros Kiros, Explorations in African Political Thought, Ch.5: Zara Yacob A 17th ethiopian founder of modernity in Africa, New Political science Reader [lire en ligne]
  29. ? a et b Shelemay, Kay Kaufman. Ethiopia, The New Grove Dictionary of Music and Musicians, ed. S. Sadie and J. Tyrrell (Londres : Macmillan, 2001), viii, p. 356
  30. ? BBC, The World Today, 24 juillet 2007
  31. ? Rapport annuel 2006 de l'OMS (pdf)
  32. ? Etharc.org - Éthiopie (en)
  33. ? Gérard Bodeker, P$lanning for Cost-effective Traditional Health Services, International Symposium on Traditional Medicine, 11-13 septembre 2000.
  34. ? ABOUT US
  35. ? Berhanou Abebe, Histoire de l'Éthiopie: d'Axoum à la Révolution
  36. ? « FMI, la preuve par l?Éthiopie », par Joseph E. Stiglitz, Le Monde diplomatique, avril 2002, http://www.monde-diplomatique.fr/2002/04/STIGLITZ/16370
  37. ? Le café, un don de l'Éthiopie au monde, Dossier les nouvelles d'Addis, http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/18_decouverte/18002_cafe/02_undondelethiopie.html
  38. ? Un café au goût d'injustice, Oxfam tire la sonnette d'alarme, Dossier les nouvelles d'Addis, http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/18_decouverte/18002_cafe/03_goutdinjustice.html
  39. ? Réalisé par Marc Francis, Nick Francis, Documentaire, 2005, site : http://www.blackgoldmovie.com/
  40. ? Djibouti, Érythrée, Éthiopie : pour un renforcement de la présence française dans la Corne de l'Afrique
  41. ? IMF 2008
  42. ? Ethiopia predicted as world?s 5th fastest growing economy in 2010, Sudan Tribune, 1 décembre 2009[lire en ligne]

Articles connexes

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Bibliographie

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